Loi de finances
rectificative pour 2005
Nous vous présentons quelques
aspects de la loi de finances rectificative pour 2005 qui nous semblent de
portée générale et significatifs. N’hésitez pas à questionner le cabinet pour
tout complément d’information, ce petit digest n’est pas exhaustif, et de
nombreuses rubriques doivent être validées en regard de règles de forme ou de
conditions de fonds complémentaires !
Jeune Entreprise Innovante (JEI)
Assouplissement de la condition
de détention du capital social. Le statut est désormais étendu aux JEI qui sont
elles-mêmes détenues par une JEI, si elles remplissent l’ensemble des autres
critères.
Crédit d’impôt pour prospection commerciale : extension du
dispositif
Depuis
le 1er janvier 2005, les PME peuvent bénéficier d’un crédit d’impôt
égal à 50% des dépenses de prospection commerciale si celles-ci ont pour objet
d’exporter hors de l’Espace Economique Européen (EEE) des biens ou services. Ce
crédit est plafonné à 40 ou 80 K€ par entreprise.
Ce
dispositif est désormais étendu aux dépenses de prospection engagées dans
l’Espace économique européen.
Les
indemnités versées par les entreprises aux volontaires internationaux ouvrent
désormais droit au crédit d’impôt à condition d’être engagées pendant les 24
premiers mois suivant le recrutement de cette personne.
Le
crédit d’impôt est également ouvert à l’entreprise ayant recours à un
volontaire international pour satisfaire à l’obligation d’affectation d’une
personne au développement des exportations.
Plus-value immobilière pour les entreprises taxées à l’IR
Un abattement de 10% par année de
détention à partir de la 5ème année s’applique, à partir du 1er
janvier 2006, aux plus-values immobilières à long terme réalisées par les
entreprises relevant du régime de l’impôt sur le revenu. Ce traitement vise à
atténuer les différences de traitement fiscal qui concernait les immeubles
inscrits au bilan d’une entreprise soumise à l’IR, et
ceux conservés dans le patrimoine privé du chef d’entreprise, car il est limité
aux actifs immobiliers affectés à l’exploitation.
Plus-value professionnelle lors de la cession d’une PME soumise
à l’I.R.
Dès lors qu'elles ont exercé leur
activité pendant au moins 5 ans avant la cession et que le bien cédé n'est pas
un terrain à bâtir, les entreprises soumises à l'impôt sur le revenu
(entreprise individuelle ou sociétés) peuvent être exonérées de
l'imposition des plus-values. Le régime est désormais réservé aux activités
exercées à titre professionnel, impliquant la participation personnelle,
directe et continue du chef d’entreprise ou de l’associé à l’activité.
Par
conséquent, la cession d’un fonds de commerce donné en location-gérance n’ouvre
plus droit au bénéfice de cette mesure (voir toutefois le § suivant pour ce
cas).
L’exonération
est :
ü Totale si les recettes TTC de l’entreprise cédée sont inférieures
à 250 000 €uros, pour les activités commerciales
ou agricoles et 90 000 €uros pour les prestataires de
services,
ü Partielle si les
recettes TTC de l’entreprise cédée sont
comprises entre 250 000 et 350 000 €uros pour les
activités commerciales ou agricoles, et 90 000 et 126 000 €uros
pour les prestataires de services.
Les recettes de l’entreprise cédée retenues
pour apprécier le respect de ces seuils sont désormais prises en compte pour
leur montant hors taxes. Elles correspondent désormais à la moyenne des
recettes réalisées au titre des exercices clos au cours des deux années civiles
précédant la cession.
Il est précisé
en cas de cession d’un élément de l’actif immobilisé par un entrepreneur
individuel, membre par ailleurs d’une société de personnes, que l’exonération
peut s’appliquer sous réserve que le total des recettes perçues au titre de ses
activités ne dépassent pas les seuils d’exonération par catégorie de revenus.
Cession de branche complète d’activité : aménagement du
dispositif d’exonération
Ce
dispositif concerne l’ensemble des PME réalisant une activité commerciale,
industrielle, artisanale, libérale ou agricole depuis au oins cinq ans. Les
entreprises individuelles peuvent relever des BIC, BA ou BNC. Les organismes
sans but lucratif sont également concernés pour leurs activités ou opérations
lucratives.
Pour
bénéficier de ce régime, les sociétés soumises à l’IS
doivent, cumulativement :
ü Employer moins de 250 salariés
ü Réaliser un CA annuel inférieur à 50 M€ au cours de l’exercice ou avoir
un total de bilan inférieur à 43 M€
ü Avoir un capital ou des droits de vote non détenus à hauteur de 25%
minimum par une ou plusieurs entreprises ne répondant pas aux 2 premiers
critères au cours de l’exercice
L’exonération
est totale si la valeur de la cession est inférieure à 300 000 €uros, et partielle entre 300 et 500 000 €uros (le montant de la plus-value exonérée est égal à la
plus-value réalisée x (500 000 – valeur des éléments transmis) /
200 000).
Peuvent
désormais être concernées les transmissions de parts sociales ayant le
caractère d’un actif professionnel. Rappelons qu’en cas de transmission à titre
onéreux, il ne doit pas y avoir de lien entre cédant et cessionnaire.
La
transmission d’un fonds de commerce mis en location-gérance ouvre droit à ce
dispositif si les conditions suivantes sont réunies :
ü L’activité doit s’être exercée pendant au moins 5 ans au moment de la
mise en location,
ü La transmission du fonds doit se faire au profit du locataire-gérant.
Cette
mesure n’est cumulable qu’avec le dispositif d’exonération des plus-values de
cession d’entreprise individuelle dans le cadre d’un départ à la retraite et
d’exonération des plus-values immobilières des entreprises soumises à l’IR.
Exonération des plus-values
professionnelles réalisées lors du départ à la retraite
La loi
crée à compter du 1er janvier 2006 un nouveau dispositif
d’exonération de plus-value professionnelle en cas de départ à la retraite du
chef d’entreprise ou de l’associé d’une société de personnes dont la totalité
des droits sociaux sont cédés. Sont concernés par cette mesure :
ü Les entrepreneurs individuels,
ü Les associés de sociétés de personnes cédant l’intégralité des droits
sociaux de la société dans laquelle ils exercent leur activité professionnelle.
Cette
mesure s’applique quelle que soit l’activité exercée.
Son
bénéfice est soumis aux conditions suivantes :
L’exonération
de plus-value professionnelle est totale, cependant sont exclues de
l’exonération les cessions de biens immobiliers. Les plus-values exonérées
restent soumises à
Précisions sur l’amendement Charasse (intégration fiscale) :
Lorsqu’une société acquiert
auprès de personnes qui la contrôlent (directement ou indirectement) les titres
d’une société, celle-ci devenant membre du même groupe fiscal, la société mère
doit procéder à la réintégration l’exercice d’acquisition et les 14 exercices
suivants une fraction des charges financières de l’ensemble intégré.
A partir du 1er
janvier 2006, cette restriction ne s’applique plus au titre des exercices au
cours desquels la société acheteuse n’est plus contrôlée (au sens de l’article
L 233-3) par les actionnaires qui lui ont cédé la société cible.
Exonération progressive des plus-values sur valeurs mobilières
Les gains nets de cessions de
certains droits sociaux sont désormais affectés d’un abattement d’un tiers pour
la 7ème, deux tiers pour la 8ème et total pour la 9ème
année de leur détention.
Pour le décompte de la durée de
détention, toutes les titres sont réputés avoir été acquis au 1er
janvier de l’année d’acquisition ou de souscription. Le point de départ du
délai, pour les titres acquis ou souscrits avant 2006, est réputé être le 1er
janvier 2006. Hormis les cas de départ à la retraite du chef d’entreprise
cédant, l’exonération partielle ne pourra avoir d’effet qu’à partir de l’année
2012.
Cette plus-value reste toutefois
soumise sans abattement à la taxation de